Séminaires (fictions des mondes)

HBMAU03D – ENTRE NATURE ET POLITIQUE
Responsable et intervenant : Stéphane Lojkine

En histoire littéraire, l’« humanisme » renvoie au mouvement de pensée qui, au XVIe siècle, a ouvert l’Europe aux idées nouvelles de tolérance et de liberté, et renoué avec la culture antique par l’édition imprimée de ses auteurs grecs et latins. L’homme de lettres, attentif au détail du sens des textes, et l’intellectuel attentif aux bouleversements politiques de son temps ne font alors qu’un.
Pourtant le terme d’« humanisme » n’émerge que tardivement dans notre culture : essentiellement après la révolution française. Au XXe siècle, il fait l’objet d’un vif débat, entre Sartre et Heidegger d’une part, au sein du marxisme d’autre part (Althusser/Lucien Sève). Historiquement donc, l’humanisme est loin de désigner un idéal universel et intemporel. Aujourd’hui plus que jamais, il est radicalement remis en question par la catastrophe climatique qui s’annonce : l’homme, pour survivre, est sommé de transformer radicalement son rapport à la nature, au moment même où la science déplace les frontières du naturel, de l’humain et de la technique.
La question historique et l’enjeu contemporain de l’humanisme nous rappellent à la double responsabilité de la littérature, avec la philosophie : c’est par elle que se pense notre rapport à la nature ; c’est avec ce rapport, ou son impossibilité, que se joue le défi humaniste du politique.
Le séminaire en ligne s’organise autour de 7 sections, centrées chacune sur un auteur : Bruno Latour, Montesquieu, Houellebecq, Sade, Céline, Leibniz, Saint-Just. Pour chaque section, un cours vidéo et un fichier pdf (extraits de l’auteur) sont fournis. L’étudiant valide le cours par sa participation au forum de discussion, les contrôles de lecture et un petit essai final en rapport avec le séminaire.

Bibliographie : • Sartre, L’Existentialisme est un humanisme [1946], Folio essais, 1996. • Heidegger, Lettre sur l’humanisme [1947], trad. Roger Munier, Aubier, 1964. • Latour, Face à Gaïa, huit conférences sur le nouveau régime climatique, La Découverte, 2015. • Montesquieu, De L’Esprit des lois [1748], éd. R. Derathé, Classiques Garnier, 1973. • Houellebecq, La Possibilité d’une île, Fayard, 2005. • Sade, Histoire de Juliette [1799], éd. M. Delon, Gallimard, Pléiade, 1998. • Céline, Mort à crédit [1936], in Romans, I, éd. Henri Godard, Gallimard, Pléiade, 1981. • Leibniz, Essais de Théodicée [1710], GF, 1969. • Saint-Just, « Rapport sur la police générale » [1794], in Œuvres complètes, Folio histoire, 2004.

HBMAU05D – UTOPIES, DYSTOPIES, APOCALYPSES
Responsable : Lise Wajeman
Intervenants : Jean-Michel Durafour, Sylvie Requemora, Lise Wajeman

L’utopie a une histoire : ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour ce « non-lieu » ou ce « bon lieu » (les deux étymologies sont possibles) qu’inventent des philosophes, des écrivains, des artistes, imaginant une vie idéale, indifférente aux soubresauts historiques, afin de mieux critiquer leur présent. Ce séminaire se propose de retracer une histoire de l’utopie, de sa genèse (Platon, Thomas More) à sa dégradation contemporaine en fascination pour les dystopies et les apocalypses (comme dans la quasi-totalité des grosses productions hollywoodiennes actuelles). Faire l’histoire de ces récits de voyages fictionnels dans des mondes idéels, passés, présents ou futurs, qu’ils nous promettent le salut ou la catastrophe, n’est pas seulement une façon d’ouvrir d’autres mondes possibles, c’est aussi l’occasion de réfléchir à la possibilité même de concevoir un futur, quand l’utopie devient uchronie et quand la critique du lieu présent passe par l’invention d’un ailleurs géographique ou temporel. Comme le dit Fredric Jameson, « le futur utopique s’est révélé n’être que l’avenir d’un moment de ce qui constitue désormais notre passé ».

Corpus : • Platon, Critias (IVe av JC) • Lucien de Samosate, Histoire véritable (IIe s.) • Benoît, Navigation de Saint Brendan (XIIe s.) • Thomas More, Utopia (1516) • Cyrano de Bergerac, L’Autre Monde (vers 1645) • Marivaux, L’Ile des esclaves (1725) • Mercier, L’An 2440, ou Rêve s’il en fut jamais (1771) • Rétif de la Bretonne, La Découverte australe (1781) • Jules Verne, L’île mystérieuse (1874-1875) • Philip K. Dick, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques (1968) et Ridley Scott, Blade Runner (1982) • Matt Reeves, Cloverfield (2008)

Bibliographie secondaire : • Corin Braga, Utopie, eutopie, dystopie et anti-utopies, metabasis.it, 2006 (à télécharger ici). • Carmelina Imbroscio, Requiem pour l’utopie ? Tendances autodestructives du paradigme utopique, Pise, Goliardica, 1986. • Fredric Jameson, Archéologie du futur, I. Le désir nommé utopie et II. Penser avec la science-fiction, Max Milo, 2007 et 2008. • Jean-Clet Martin, Logique de la science-fiction. De Hegel à Philip K. Dick, éditions Les Impressions nouvelles, 2017. • Jean-Michel Racault, L’Utopie narrative en France et en Angleterre de l’âge classique des Lumières (1675-1761) : étude de forme et de signification, Genève, Voltaire Foundation, 1991. • Lyman Tower Sargent et Roland Schaer, Utopie. La quête de la société idéale en Occident, BnF/Fayard, 2000.

HBMAU09D – CLASSE DE CRÉATION EN LIGNE ET/OU SUIVI D’ÉCRITURE
Responsables : Christine Marcandier et Jean-Christophe Cavallin
Intervenants : Christine Marcandier, Jean-Christophe Cavallin et Benoît Virot, éditeur, Le Nouvel Attila

 

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